La FabriQ'56
Avant de s’appeler la FabriQ’56, la société morbihannaise s’appelait Breizh Bois et son histoire est intimement liée aux origines familiales du propriétaire de l’entreprise, Jean-Gilles Annic.
Le bois, une histoire de famille
Son histoire débute avec les grands-pères de Jean-Gilles Annic, Étienne et Louis, tous deux travaillant dans le milieu du bois. L’un est bûcheron et l’autre est débardeur à cheval en Bretagne pour des marchands de bois et des scieries.
Loin de l’image que l’on peut se faire des bûcherons d’aujourd’hui, les conditions de travail étaient bien plus rudes.
Étienne est bûcheron dans la forêt d’Orléans où il se rend à vélo. Il peut y séjourner jusqu’à 4 à 6 mois de l’année. Très physique, son métier exige le travail de la coupe avec des scies passe-partout.
Dans les années 30, la Bretagne – comme beaucoup de régions agricoles françaises – est assez pauvre. Pour aider à subvenir aux besoins de sa famille, Joachim, le père de Jean-Gilles, commence à travailler en tant que débardeur à cheval dès l’âge de 13 ans.
Le débardage consiste à transporter les arbres abattus par les bûcherons directement de la forêt vers le dépôt ou la décharge provisoire. La plupart du temps, les arbres coupés sont déposés aux bords des routes pour être acheminés ailleurs.
Une famille d’entrepreneurs
À l’âge de 27 ans, Joachim fonde une scierie destinée à produire et réaliser des caisses à poisson pour fournir les ports du sud de la Bretagne (Lorient, Quiberon) et notamment le port de Quiberon, premier port sardinier de France dans les années 20. Les conserveries que l’on connaît tous aujourd’hui – La Belle Iloise et La Quiberonnaise – font état de ce passé.
Avec l’arrivée des caisses en polystyrène dans les années 70, la société doit s’adapter et transforme donc son activité en production de palettes de manutention. En 1984, la société est reprise par Michel, le frère de Jean-Gilles, et vendue en 2022.
Jean-Gille démarre alors une activité d’exploitation forestière de 1985 à 1997. L’exploitation forestière concerne majoritairement le résineux mais se pose la question de l'usage du feuillus. C’est alors qu’une nouvelle société voit le jour en 1998 – Breizh Bois – pour utiliser leur ressource de feuillus. C’est sur le site familiale de Camors que Breizh Bois débute son activité de bois de chauffage : une activité pour laquelle tout est à créer !
L’intérêt pour la filière bois énergie
Convaincu du potentiel consommateur, Jean-Gilles structure son activité de vendeur de bois de chauffage. Pendant plus de 13 ans, il reste le seul salarié de Breizh Bois. Les conditions de travail ne sont pas évidentes et les moyens sommaires : un merlin, une tronçonneuse et un espace pour couper du bois. Les volumes sont donc à l’image des moyens à disposition, modestes : 6 stères par jour.
L’investissement personnel du fondateur est colossal. Entre 2001 et 2005, la production s’organise avec l’aménagement du terrain et l'achat d'un combiné pour optimiser le rendement. En 2010, le site de Pluvigner rejoint le patrimoine de Breizh Bois (2 hectares) et se dote d'un salarié.
Les investissements
À compter de cette époque, les investissements se font plus importants notamment au niveau des bâtiments de stockage et de manutention :
- 2011, 1er entrepôt de stockage de 1000 m²
- 2014, 2éme entrepôt de conditionnement et de manutention de 500 m²
- 2020, 3éme entrepôt de stockage et séchage du bois de 500 m²
- 2021, 4éme bâtiment pour abriter les machines de 200 m²
En 2009, le granulé de bois fait son apparition dans l’offre produit de Breizh Bois. Pour accompagner ce lancement, une activité de négoce est mise en place (environ 1250 tonnes par an) et un drive est proposé aux consommateurs en 2017.
En 2013, la société s’équipe d’une fendeuse industrielle pour pouvoir traiter les grumes entières et ainsi éveiller l'intérêt des exploitants forestiers. Cet investissement permet de faciliter les achats et la vente de leur produit. À cette époque, Breizh Bois récupère l’ensemble des bois (diamètre et essences, chêne, hêtre, châtaignier et bouleau) et augmente ainsi son rendement.
Une optimisation calculée
Pour évoluer de manière pérenne, il a fallu optimiser l’organisation et les conditions de travail. Un créneau est donc ouvert le samedi matin pour gérer les enlèvements.
En 2012, la petite équipe de Breizh Bois se rend à l’inauguration du site de Buzançais (Site de production BF36 appartenant à Euro Énergies) pour en apprendre davantage sur le schéma de développement du métier. Le site de Buzançais révolutionne le bois de chauffage : des bois étuvés, séchés pour atteindre un taux d’humidité inférieur à 20% et ainsi imposer une qualité produit/service premium. Le modèle est validé et envisagé pour Breizh Bois !
L’entreprise est limitée dans les volumes pour le séchage de la matière et s’équipe donc d’un séchoir industriel.
Une passation souhaitée
Après plus de 25 ans de labeur, le souhait de vendre l’entreprise est affirmé en 2022. « Vendre oui, mais pas n’importe comment et à n’importe qui ». Convaincu par le modèle d’Euro Énergies et sa vision de la filière bois, Jean-Gilles Annic sollicite le directeur général d’Euro Énergies qui répond favorablement à cette approche.
Euro Énergies est fière de pouvoir perpétuer l’aventure Breizh Bois sous le nom de la FabriQ’56 !
« J’ai travaillé dur pendant 25 ans mais ce furent 25 ans de plaisir et de passion. J’adore mon métier et l’important aujourd’hui est de préparer l’entreprise à la transition et de transmettre l’ensemble des savoirs et de l’expérience aux successeurs. Si c’était à refaire, je referais exactement la même chose ! »